Magaly Teixeira alerte sur les conditions des acteurs luxembourgeois

Invitée de l'émission « Background am Gespréich » sur RTL Radio, la comédienne et représentante de l'association des acteurs Magaly Teixeira décrit un secteur du film sous tension : moins de travail pour les acteurs qu'il y a dix ans et un manque de directeurs de casting au Luxembourg.

La comédienne luxembourgeoise Magaly Teixeira, également représentante de l’association des acteurs, était l’invitée de l’émission « Background am Gespréich » sur RTL Radio, aux côtés du producteur Jani Thiltges (Samsa Film) et du directeur du Filmfong, Guy Daleiden. Tous décrivent un secteur du film en pleine mutation — non pas en crise structurelle, mais confronté à de réels défis, avant tout financiers.

Moins de travail pour les acteurs qu’il y a dix ans

Selon Magaly Teixeira, il y a aujourd’hui moins de travail pour les comédiennes et comédiens qu’il y a dix ans. Le Luxembourg dépend fortement des coproductions, or les budgets ont été réduits dans les pays voisins : « Mathématiquement, si nos pays voisins ont moins de budget pour leurs films, cela signifie aussi moins de volume d’emplois pour nous au Luxembourg. »

Elle pointe également un manque de culture de directeurs de casting au Luxembourg, ce qui rend plus difficile la rencontre entre les acteurs et les producteurs. Contrairement aux techniciens, les acteurs ne sont pas engagés en CDD et ne peuvent pas se syndiquer, ce qui complique encore leur situation, notamment au regard de l’intermittence.

Le Filmfong cherche des solutions

Guy Daleiden a souligné que l’industrie cinématographique luxembourgeoise dépend entièrement du financement de l’État. Si le budget du Filmfong a augmenté de 10 %, cela ne suffit pas : faire des films coûte plus cher qu’avant la crise du Covid, alors que les montants disponibles sont restés identiques. Le fonds envisage désormais d’allouer davantage de moyens par projet — de l’ordre de 10 à 15 % de plus — y compris pour les productions minoritaires, en contrepartie d’un recours accru aux techniciens, acteurs et services luxembourgeois. Le revers : moins de projets pourraient être soutenus.

Jani Thiltges plaide pour des avantages fiscaux

Le producteur Jani Thiltges salue ce nouveau système, mais réclame en outre un soutien public sous forme d’avantages fiscaux. Il rappelle que le Luxembourg, pionnier de l’aide économique au cinéma (l’ancien « Taxshelter »), serait aujourd’hui probablement le seul pays de l’Union européenne à ne plus disposer d’une telle aide.

Le studio Filmland ferme ses portes

Rien n’a pu être fait pour sauver le studio Filmland, dont la société de production Samsa était locataire. Les studios en Allemagne ou en France bénéficient de fortes aides régionales ; faute d’un tel soutien, Jani Thiltges devra de nouveau se tourner vers l’étranger, notamment la Hongrie. Guy Daleiden a expliqué que le cadre fixé par la Commission européenne empêchait aussi bien le Filmfong que le ministère de soutenir une initiative privée avec des fonds publics.

Source : RTL.lu

31/05/2026